Les 4 saisons de la littérature israélienne en France. Retour sur les parutions 2020


18 Dec
18Dec
Une carte blanche à la Galerie Oliver Waltman
pour illustrer ce numéro spécial littérature

Haim Nahman Bialik de Tali Amitai-Tabib

La série The Author's Space de Tali Amitai-Tabib, exposée au Musée d'Art de Tel Aviv en 2012 développe un panorama de la littérature hébraïque propre à l'artiste. En toute subjectivité, elle a cherché à illustrer les lieux où les auteurs qui ont compté pour elle ont vécu et travaillé.
Dans le cas de la maison d'Haim Nahman Bialik, l'artiste, plus intéressée par l'esprit du lieu que par sa configuration muséale, a profité d'un moment à la fin de travaux de restauration pour photographier la pièce avant le retour du bureau et des bibliothèques.
© Tali Amitai-Tabib, Haim Nahman Bialik, tirage argentique, Courtesy Galerie Olivier Waltman (Paris | Miami)
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Hiver
                     

Yishai SARID - Le Monstre de la mémoire 
Traduction : Laurence Sendrowicz - Actes Sud

Un historien israélien, spécialiste des processus d'extermination pendant la Shoah, devient guide des camps de la mort, accompagnant des groupes de lycéens dans leurs visites imposées au cours de « voyages de la mémoire ». Cette expérience, doublée de sollicitations diverses autour des différentes formes que prend l'entretien officiel de cette inflammable mémoire, entame progressivement et profondément son rapport au monde et aux autres. Sur l'échec de la transmission de l'histoire, un corps à corps explosif avec des questionnements vertigineux, aussi intimes que politiques.
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Ronen BERGMAN  - Lève-toi et tue le premier
Traduction : Johan-Frédérik Hel Guedj - Grasset

« Face à celui qui vient te tuer, lève-toi et tue le premier. » C’est par cette citation du Talmud que s’ouvre le livre-événement de Ronen Bergman, le premier ouvrage exhaustif sur les programmes d’assassinats ciblés menés par les services du Mossad, du Shin Bet et de l’armée israélienne.
Bergman nous fait revivre les grands succès de ces opérations secrètes, certains échecs également, et écrit ainsi une histoire parallèle de l’État hébreu. Une histoire de l’ombre dont on comprend dès les premières pages qu’elle est ancrée dans l’ADN de la nation israélienne.
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Printemps                       

Dror MISHANI - Une, deux, trois
Traduction : Laurence Sendrowicz - Gallimard – Série noire

Une : Orna. Deux : Emilia. Trois : Ella.
La première vit très mal son récent divorce. Elle s'apitoye sur elle-même, fréquente sans vrai désir Guil, un avocat rencontré sur un site web qui lui ment avec aplomb. Elle connaît brutalement un destin tragique.
La deuxième, une réfugiée lettone, auxiliaire de vie, est une pauvre fille solitaire, paumée, mystique. Le fils de son précédent employeur – qui vient de mourir – veut l'aider à trouver du travail. Il s'appelle Guil. Ça ne se termine pas bien non plus. Apparemment, Guil sévit en toute impunité...
C'est alors que survient la troisième, l'inquiétante Ella.
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Etgar KERET - Incident au fond de la galaxie
Traduction : Rosie Pinhas-Delpuech - Editions de l'Olivier

Dans un cirque, un employé chargé de nettoyer les cages des animaux accepte d’être envoyé dans le ciel comme un boulet de canon ; le jeune pensionnaire d’un étrange orphelinat découvre qu’il est un clone d’Adolf Hitler créé pour venger les victimes de la Shoah ; un accidenté de la route perd la mémoire et se retrouve dans une pièce virtuelle avec une femme virtuelle, à moins que ce ne soit l’inverse…
Facétieuses, corrosives et incroyablement brillantes, les vingt-deux nouvelles d’Incident au fond de la galaxie nous immergent dans l’univers « keretien », où le virtuel et le fantastique viennent subtilement troubler la réalité pour faire surgir de profondes réflexions sur le deuil, la solitude et les stigmates de l’Histoire.
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Eté
                    
Eshkol NEVO - La dernière interview
Traduction : Jean-Luc Allouche - Gallimard, collection Du monde entier

Un écrivain israélien à succès qui ressemble étrangement à l’auteur a accepté de répondre aux questions d’internautes sur ses livres. Chaque interrogation l’amène à s’ouvrir sur le couple qu’il forme avec Dikla, à avouer ses relations compliquées avec ses enfants ou encore à partager ses angoisses pour son meilleur ami, Ari, atteint d’un cancer. Sa vie tombe en ruine et ce questionnaire lui permet d’en parcourir les méandres, tissant la toile de sa propre histoire, au sein de laquelle il va et vient dans le temps, laissant progressivement apparaître les instants décisifs.
Dans ce roman tout en finesse, le narrateur livre, avec humour, une analyse désabusée de ce qu’il est et de son incorrigible besoin de transformer la réalité en fictions. En nous plongeant dans le quotidien de cet écrivain, Eshkol Nevo met en lumière des moments ordinaires qui nous touchent en plein cœur.
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Noga ALBALACH Le Vieil homme. Des adieux
Traduction : Rosie Pinhas-Delpuech -  Editions DO

Une fille accompagne son père dans les derniers mois de sa vie. Elle le regarde devenir de plus en plus confus et souhaite préserver quelque chose de sa personnalité, qui disparaît sous ses yeux. Plus il oublie, plus elle se souvient ; plus il s’éloigne, plus elle sent une proximité nouvelle entre eux. Avec humour, tendresse et poésie, cruauté parfois, elle observe de plus près sa famille et les gens qui les entourent, et la façon dont leurs relations délicates changent à mesure que la maladie de son père progresse. À travers souvenirs et moments tragi-comiques de la vie quotidienne, Noga Albalach dresse le vivant portrait d’un homme courageux et humble, noble à sa manière. Le Vieil Homme. Des adieux, l’histoire d’un seul homme, devient l’histoire de chaque homme, de chaque parent, de chaque famille.
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Sarit ISHAI LEVY - La belle de Jérusalem
Traduction : Léa Drouet - Editions Charleston

Une malédiction semble avoir atteint la famille Ermoza : aucun des hommes ne se marie avec la femme qu'il aime. Même David, le mari de Luna, la « Belle de Jérusalem » que toute la ville courtise, ne peut en réalité oublier son amour perdu. Quand la tragédie frappe, Gabriela, la fille de Luna, découvre les secrets et mensonges qui lient les femmes de sa famille depuis plusieurs générations.
Sur fond de bouleversements historiques, de la gouvernance turque à la création de l'État d'Israël, l'histoire de femmes qui font preuve de résilience face à un destin souvent déchirant. Un best-seller en Israël qui a reçu les prix Or et Platinium de la Publishers Association (2014) et le prix Steimatzky du meilleur livre de l'année (2014).
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Automne
                  
Aharon APPELFELD - Mon père et ma mère 
Traduction : Valérie Zenatti - Editions de l'Olivier
Prix Roman étranger des Inrockuptibles 2020

C’est l’été 1938 en Europe centrale. Et comme chaque année ils sont là, sur la rive, en villégiature. Il y a Rosa Klein, qui lit dans les lignes de la main. Et Karl Koenig, l’écrivain. Pourquoi fréquente-t-il les autres vacanciers au lieu de consacrer toute son énergie au roman qu’il est en train d’écrire ?
Dans ce roman magistral publié quelques années avant sa mort, Aharon Appelfeld tisse les questions intimes, littéraires et métaphysiques qui l’ont accompagné toute sa vie. Sous sa plume, ces dernières vacances avant la guerre sont le moment où l’humanité se dévoile dans ses nuances les plus infimes, à l’approche de la catastrophe que tous redoutent sans parvenir à l’envisager.
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David GROSSMAN - La vie joue avec moi
Traduction : Jean-Luc Allouche - Le Seuil

Elles sont trois : Véra, sa fille Nina, sa petite-fille Guili, soudées par les liens du sang et déchirées depuis des décennies par un terrible secret. Le jour du quatre-vingt-dixième anniversaire de Véra, célébré avec faste au kibboutz, Guili, brûlant de mettre au jour l'histoire de sa famille, décide de tourner un film sur sa grand-mère. Le douzième roman de David Grossman explore de façon magistrale les rapports mère-fille, la question du silence et de la transmission. Au fil des révélations, le livre nous emporte dans un crescendo qui culmine avec une rare intensité émotionnelle et s'achève avec grâce sur le pardon, dans un élan d'amour et de compassion.
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Yaron HERMAN Le déclic créatif 
Fayard
Dans ce livre, le pianiste de jazz Yaron Herman défait un par un les a priori sur la créativité qui nous poussent trop souvent à la négliger. S’appuyant sur son expérience, il transmet la méthode qu’il a mise au point et appliquée jour après jour pour cultiver sa créativité. Une méthode ludique et décomplexée, assortie d’astuces faciles et concrètes pour passer à l’action.
« La créativité n’est pas réservée à quelques élus. Ce n’est pas non plus un talent, c’est une habitude, une attitude, une façon d’être que l’on peut apprendre et cultiver. La créativité nous révèle les trésors qui sommeillent en nous. Les champs de la créativité sont infinis et souvent insoupçonnés ! »
Vous aussi, libérez votre potentiel créatif et exprimez votre singularité.
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AMOS OZ - La colline du mauvais conseil
Traduction : Jacques Pinto - Gallimard Collection L'Imaginaire (n° 722)

1947. La Palestine est encore sous mandat britannique. Sur la colline du Mauvais-Conseil, à Jérusalem, se dresse comme une menace le palais du haut-commissaire anglais. Trois récits intimement liés expriment, à travers les expériences de plusieurs personnages qui sont autant de facettes d’un même destin, la difficulté d’être permanente d’un peuple. Dans une magnifique langue poétique et musicale, Amos Oz se fait, une fois encore, le porte-parole de la contestation et de l’espoir en Israël.
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Amos OZ - Jusqu’à la mort
Traduction : Rina Viers - Gallimard Collection L'Imaginaire (n° 721)

Fort d’une foi triomphante, un seigneur français entreprend, à la tête d’une troupe de croisés, la chevauchée qui doit le conduire vers la Ville Sainte. Neuf siècles plus tard, à Tel-Aviv, un vieux conférencier itinérant effectue un autre voyage, au bout de la solitude, de la paranoïa et de l’impuissance.
Mourir pour Jérusalem. Être un mort-vivant à Tel-Aviv. Deux faces d’une même obsession tragique.
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Amos OZ - Rien n'est encore joué. La dernière conférence.
Traduction : Sylvie Cohen - Gallimard, Hors-série Connaissance

Le 2 juin 2018, à l’université de Tel-Aviv, Amos Oz donne sa dernière conférence. Il est gravement malade, conscient de sa fin imminente, et ses paroles résonnent comme un testament politique. Fervent défenseur de la paix, il plaide pour la solution à deux États au Moyen-Orient, leitmotiv de son œuvre et de ses combats.
« Si nous ne créons pas ici deux États, et vite, nous nous retrouverons avec un seul. Et ce ne sera pas un État binational. Cette bête curieuse n’existe pas. Ce sera tôt ou tard un État arabe, du Jourdain à la mer. »
Très tôt, Amos Oz avait souligné le danger que courrait le peuple juif s’il se retrouvait minoritaire. Clairvoyant, il fait néanmoins preuve d’un optimisme indéfectible, et exhorte le peuple israélien à prendre son destin en main car, répète t-il en reprenant une expression de l’écrivain Yosseph Hayim Brenner, « rien n’est encore joué ».
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 Israël côté femmes
Ce coffret rassemble deux ouvrages précédemment publiés à l’Antilope :
• Le roman Comme deux soeurs de Rachel Shalita traduit de l’hébreu par Gilles Rozier
Véra et Tsiona aiment à se rappeler leur première rencontre, à quatre ans, dans un jardin d’enfants de Tel-Aviv. Véra a grandi entre un père artiste volage et une mère infirmière rangée. Tsiona a perdu son père quand elle était petite. Après le lycée, Véra, la sensible, l’artiste, ne sait pas ce qu’elle veut faire ; Tsiona, l’effrontée, engagée dans un mouvement de jeunes pionniers, va participer à la fondation d’un kibboutz dans le Néguev. Malgré leurs différences, elles partagent leurs joies et leurs peines, jusqu’à l’arrivée de Yossef, le rescapé…À travers le destin de deux héroïnes qui s’aiment comme deux sœurs, le roman entraîne le lecteur dans la société juive de Palestine, de la fin des années 1920 à la création de l’État d’Israël. Une période peu décrite jusqu’à présent dans la littérature israélienne.
  Le roman La famille Yassine et Lucy dans les cieux de Daniella Carmi traduit de l’hébreu par Jean-Luc AlloucheNadia et Salim Yassine, un couple d’Arabes israéliens, ne peuvent pas avoir d’enfant. À leur demande d’adoption, les services sociaux leur attribuent un garçon de huit ans, Nathanaël. Le garçon s’avère autiste. Quand il sort de son mutisme, il chante à tue-tête « Lucy in the sky with diamonds ». À travers le regard de Nadia, une femme à la candeur touchante, Daniella Carmi dresse un portrait loufoque de la société israélienne. Elle réussit l’exploit de faire rire et pleurer en faisant se rencontrer des Arabes israéliens, des Juifs ultraorthodoxes, des homosexuels.
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